Ablation de l’endomètre : endométrectomie

Le principe de ce traitement chirurgical est d’enlever la totalité de l’endomètre c’est-à-dire le tissu qui tapisse la paroi de l’utérus. Cette intervention est rapide, définitive, mais n’est pas contraceptive : techniquement une grossesse est toujours possible après une endométrectomie. En revanche, en cas de grossesse ultérieure, le risque de complications obstétricales sévères est important. L’ablation de l’endomètre est donc destinée aux femmes ne désirant plus avoir d’enfants et une contraception sera nécessaire après l’intervention. L’endométrectomie est indiquée après échec du traitement médical, en cas de règles abondantes consécutives à un dérèglement hormonal. 1,2
Différentes techniques peuvent être utilisées. On distingue les techniques dites de première génération, correspondant aux 3 méthodes les plus anciennes, des techniques de deuxième génération, développées depuis les années 90. 1

Techniques de première génération

Les 3 techniques d’ablation de l’endomètre de première génération sont l’anse, le rollerball et le laser. Ces interventions sont réalisées par les voies naturelles, au bloc opératoire, sous anesthésie générale (la plupart du temps) ou locorégionale (péridurale ou rachi-anesthésie 3). Elles sont toutes trois réalisées sous contrôle hystéroscopique : un tube muni d’une mini-caméra est introduit par le col utérin pour contrôler l’intervention. Un liquide spécial (solution saline) est injecté pour gonfler la cavité utérine et permettre une meilleure visualisation. Les instruments chirurgicaux sont également introduits à travers le col. 1,2

  • Ablation à l’anse 4 : l’intervention est pratiquée à l’aide d’un instrument pourvu à son extrémité d’une anse métallique dans laquelle passe un courant électrique de haute fréquence. L’intervention dure de 15 à 20 minutes environ.
  • Ablation à l’anse et rollerball (bille roulante) 4 : elle est semblable à l’ablation à l’anse mais l’instrument est pourvu à son extrémité d’une pièce métallique de forme sphérique (bille roulante) dans laquelle passe un courant électrique de haute fréquence. L’intervention dure de 15 à 30 minutes environ.
  • Ablation de l’endomètre au laser 4 : l’intervention est pratiquée à l’aide d’un laser introduit dans l’utérus. L’intervention dure de 20 à 35 minutes environ. Cette technique est aujourd’hui peu utilisée.

Techniques de deuxième génération

Développées dans les années 90, les techniques de deuxième génération ont pour objectif de permettre de réaliser des ablations de l’endomètre de manière tout aussi efficace mais plus rapide et plus sûre que les techniques de première génération. Ces techniques sont réalisées en France sous anesthésie générale au bloc opératoire (mais pourraient être réalisées sous simple anesthésie locale hors du bloc).1,5,6

  • Ablation par radiofréquence 4-6 : la destruction de l’endomètre est permise par l’émission d’ondes radiofréquence qui vaporisent l’endomètre. Le dispositif est constitué d’un générateur de radiofréquence et d’une électrode triangulaire, introduite au fond de l’utérus après dilatation du col. L’électrode va s’y déployer et prendre la forme de la cavité utérine. L’énergie délivrée par l’électrode déshydrate et coagule l’endomètre. L’intervention prend automatiquement fin lorsque la vaporisation de l’endomètre est suffisante, en moyenne au bout de 90 secondes.
  • Ablation par ballonnets thermiques (thermocoagulation) 5,6 : le principe de cette technique repose sur la destruction de l’endomètre par la chaleur. Un ballonnet en silicone est introduit dans l’utérus et gonflé avec un liquide jusqu’à obtenir une certaine pression. Ainsi gonflé, le ballonnet s’applique de façon uniforme sur les parois de l’utérus. Le liquide est ensuite chauffé à très haute température pendant une dizaine de minutes.
  • Ablation par hydrothermablation 4,5,6 : cette technique est la seule parmi les deuxièmes générations à être effectuée sous contrôle hystéroscopique. Durant cette procédure, un liquide chauffé à 90°C circule librement dans la cavité utérine pendant une durée d’environ 10 minutes, permettant la destruction de l’endomètre sur toute son épaisseur.
  • Ablation par micro-ondes 5,6 : une sonde micro-onde est introduite dans l’utérus après dilatation du col. La sonde génère alors de la chaleur (entre 75 et 85°C) qui détruit l’endomètre. La sonde doit être régulièrement déplacée pendant la procédure pour traiter toutes les faces de l’utérus. L’intervention dure en moyenne 4 minutes.

Après l’intervention, un saignement vaginal modéré ou léger peut se produire pendant environ 1 mois.3,6
Vous pouvez généralement reprendre vos activités quotidiennes le jour suivant l’intervention.7

N’hésitez pas à demander conseil à votre médecin pour connaître les techniques les mieux adaptées à votre cas et disponibles dans les centres hospitaliers de votre région.

Références bibliographiques
1. CNGOF. Lucot JP, et al. Prise en charge des ménométrorragies. Thérapeutique chirurgicale des pathologies fonctionnelles. J Gynecol Obstet Biol Reprod. 2008;37(Suppl 8):S398-404.
2. CNGOF. Sous la direction du Pr Jacques Lansac. Coordonné par le Dr Nicolas Evrard. Le grand livre de la gynécologie. Editions Eyrolles 2013. Page 235
3. CNGOF. Fiche d’information des patientes. Hystéroscopie.
4. Agence d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (Québec). Techniques d’ablation de l’endomètre dans le traitement des saignements utérins anormaux. 2002.
5. Charles C, Graesslin O. Évolution des pratiques de destruction endométriale. Réflexions en gynécologie-obstétrique 2010;14:8-11.
6. CNGOF. Fernandez H, et al. Les hémorragies utérines fonctionnelles ou idiopathiques. Place des techniques de destruction de l’endomètre de 2e génération. Extrait des mises à jour en gynécologie et obstétrique – Tome XXXII publié le 03.12.2008.
7. Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. Recovering well. Information for you after an endometrial ablation. 2015.

Avantages

  • Réduit ou stoppe les saignements
  • Solution définitive
  • Pas de traitement pré-opératoire
  • Peut être réalisée à n’importe quel moment du cycle
  • Rétablissement rapide

Inconvénients

  • Ne convient pas aux femmes qui souhaitent avoir des enfants
  • Procédure irréversible
  • Nécessite une anesthésie locorégionale ou générale
  • Nécessite toujours une contraception après l’opération

Caractéristiques

  • Pour

    Règles abondantes

  • Type de traitement

    Chirurgie mini-invasive

  • Durée

    • 15 à 35 minutes pour les techniques de 1ère génération
    • 90 secondes à 10 minutes pour les techniques de 2ème génération

  • Grossesse ultérieure

    Plus possible

  • Rétablissement

    Quelques jours

Questions fréquentes

  • Qu’est-ce qu’une ablation de l’endomètre ?

    L’ablation de l’endomètre est une méthode de traitement innovante durant laquelle la paroi qui tapisse l’utérus est retirée. L’intervention se fait en une fois, de manière rapide, sous anesthésie générale ou locorégionale.

  • Est-ce indiqué pour vous ?

    Si vos règles abondantes sont dues à un polype, un fibrome ou une infection, d’autres alternatives de traitements vous seront proposées. Si vous souhaitez encore avoir des enfants, cette intervention n’est pas non plus appropriée car une grossesse après une ablation de l’endomètre expose à de sérieux risques. Si vous subissez une ablation de l’endomètre vous devrez prendre une contraception par la suite, une grossesse étant toujours possible.

Témoignages
    • Valérie*, 44 ans Je peux courir et nager de nouveau depuis mon traitement
      Mes règles m’ont rendue malheureuse pendant de nombreuses années. J’ai toujours eu des règles abondantes pendant une semaine, et en plus de ça, mes cycles étaient plus courts que pour la plupart des femmes, ils ne duraient que 21 jours.
    • Caroline*, 32 ans Je suis toujours en quête d’une solution pour mes règles abondantes
      Je n’ai pas compris ce qui m’arrivait lorsque j’ai eu mes premières règles après l’accouchement. Mes règles étaient soudainement devenues très abondantes, il y avait du sang partout. J’avais l’impression d’avoir des contractions, même si naturellement c’était impossible.
    • Brigitte*, 51 ans Depuis mon ablation de l’endomètre, je n’ai plus de règles et plus de douleurs
      J’étais au bout du rouleau. J’avais des douleurs terribles dans le dos et au ventre que les médicaments ne pouvaient pas soulager. J’ai eu des règles abondantes non-stop pendant presque un mois entier, je me sentais vidée, misérable, alors je suis finalement allée voir mon médecin.
    • Marie*, 47 ans J’ai une anémie à cause de mes règles abondantes
      Parfois je fais des allers-retours aux toilettes pendant des heures. D’ordinaire, je suis quelqu’un de plutôt sociable, qui a confiance en elle, mais dans ces moments-là je ne me reconnais pas, je suis très embarrassée.
     

    * Les prénoms et les photographies ont été modifiés pour préserver la confidentialité des patientes.

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